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atasi.india.mania.com

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" Une fois que vous aurez senti la poussière de l'Inde, vous ne vous en libèrerez jamais " Rumer Godden

De tempête et d'espoir Pondichéry de Marina Dédéyan

De tempête et d'espoir

Pondichéry

De Marina Dédéyan

Broché - Éditions Flammarion - Date de parution : 14 septembre 2013 - ISBN : 978-2081289192 - 405 pages - Prix Éditeur : 20,50 €

Poche - Éditions J'ai Lu - Date de parution : 7 janvier 2015 - ISBN : 978-2290088258 - 475 pages - Prix Éditeur : 8,00 €

Anne de Monfort, après avoir épousé le richissime Jean-Baptiste de la Pallière, écuyer, a pris place sur le vaisseau "Anne de Bretagne" où son époux est le capitaine. Aux côtés de celui-ci, de ses trois vaisseaux et de nombreux hommes d'équipage, elle a parcouru la moitié du monde à braver des tempêtes, échapper aux pirates pour retrouver son frère Jean disparut en Inde après la défaite de la France à Pondichéry.

 

Après neuf mois en mer et dorénavant veuve, Anne arrive enfin à Porto-Novo, une enclave hollandaise sur la côte de Coromandel, à onze lieues au sud de Pondichéry. Malgré le choc du décès brutal de son mari en mer un mois plus tôt, Anne n'a pas perdu son objectif, retrouver coûte que coûte son frère Jean. Sans l'appui de son époux, c'est le lieutenant Gesril qui prend Anne sous son aile à leur arrivée sur les terres indiennes et assurera sa protection et les négociations auprès du nouveau capitaine. Il ira même jusqu'à l'accompagner à Pondichéry, mais de la ville il ne reste que des gravats, aucune trace de sa grandeur et les seuls rescapés sont des prêtres qui tentent de reconstruire la ville.

Pourtant, Anne ne perd pas espoir, car d'après un des prêtres rencontrés à Pondichéry, il se pourrait que son frère se soit réfugié à Madras. Mais avant d'essayer d'entreprendre ce long voyage, elle réussit à se rendre, toujours grâce à l'aide précieuse du Lieutenant Gesril, chez Khodja Sinan, un négociant arménien, évoqué par son époux sur son lit de mort.

Elle y découvrira en cet homme bien plus qu'une grande amitié vouée à son époux. Les arméniens appartiennent à une communauté très hospitalière et toujours prête à aider. Tout d'abord Khodja Sinan, puis plus tard ses amis, n'hésiteront pas à jouer leurs importantes relations pour aider Anne durant sa quête en lui faissant prendre part aux expéditions qui leur permettent de faire commerce de leurs marchandises à travers les grandes villes indiennes, régi par des nizams, nawabs ou des anglais.

Anne n'aura aucun remords, de quitter la mission d'expédition organisée par son défunt mari et de congédier le Lieutenant Gesril, elle ne peut pas encore quitter les Indes, il est trop tôt et ses indices au sujet de son frère sont trop maigres. Elle s'est maintenant remise aux mains de la communauté arménienne et à leurs relations, et son premier objectif est d'atteindre Madras mais le voyage n'y prendra pas fin.

Elle découvrira un pays vaste, aux multiples paysages et surtout une nouvelle culture avec ses quatre millions de dieux. Amrita, sa fidèle servante indienne depuis Porto-Novo, maintenant une amie, l'épaulera dans sa quête, un guide remarquable pour lui ouvrir l'esprit et son cœur à l'Inde, ses coutumes, ses religions, ses rites et tout ce qui est différent pour elle dans ce pays. Anne aura l'impression d'appartenir à une nouvelle famille, ces arméniens qui l'accueille chez eux comme un membre important et qui se démèneront pour la satisfaire. Mais sur chaque chemin, des routes se croisent, et Anne, motivée par un voyage plus rapide pour relier Hyderabad, suivra un mystérieux négociant en diamants, Haydar Sahib.

 

Ce deuxième tome "De tempête et d'espoir" est une vraie invitation au voyage à la découverte de l'Inde. Marina Dédéyan y a intégré harmonieusement de nombreux éléments qui font l'identité indienne : les dieux et déesses de l'hindouisme et leur mythologie, les castes, l'ayurvéda, le kâma-sûtra, les différentes religions indiennes et une brève explication, les hauts lieux historiques, les ablutions, les fleuves sacrées, les mets, les différents territoires et ses paysages, le commerce à travers les villes et ses voyages, les dacoïts, ... De plus, elle y intègre fidèlement l'histoire du pays, ses comptoirs, ses batailles, ses tensions, la répartition des populations dans les villes, ses dangers ... Les éléments classiques d'un élément de fiction y figurent bien évidemment : amitié, amour, mystère trahison, meurtre, désillusion, décès, etc. On ose y croire jusqu'au bout, qu'Anne va revoir son frère.

Chaque chapitre est composé du récit de la vie d'Anne aux Indes et se termine par une note du carnet de Jean de Montfort. Cette dernière illustre et redonne une vie à Jean et même encore un peu d'espoir, en se disant qu'il n'est pas encore dans l'autre monde et que sa sœur est sur la bonne voie. Lorsque Jean reprend vie dans son carnet, il nous partage une vie totalement opposée à celle de sa sœur, sa lutte, ses motivations, ses désillusions, ses rencontres, la survie, ses combats, son histoire.

Anne la coriace, loin d'être frêle, qui n'a peur de rien, qui ne tombe jamais malade, tellement qu'elle est obstiné par ses recherches, et qui arrive à bout de ses objectifs. Anne vit l'Inde jusqu'au fond de ses tripes, elle n'hésite pas à chercher des semblants entre les religions qu'elle rencontre en Inde et sa religion de baptême. Elle est une fille simple, loin des frivolités et du confort, elle respecte son nouvel environnement, sans le juger, sans s'en offusqué. Une belle leçon de tolérance et d'ouverture d'esprit, que l'on ne peut qu'apprécier. Mais tout de même, au caractère très trempée, très souvent capricieuse, fonçant sans toujours réfléchir, un défaut dont elle payera la vie d'un être cher. Dans son malheur, elle a heureusement à chaque étape, toujours une mission qui est censée partir quelques jours après qu'elle a décidé de se rendre dans une nouvelle ville.

Il fallait bien-sûr une fin à ces deux tomes, certes un tantinet précipité et quelque peu archaïque, un happy-end que l'on pouvait au fond de nous rêver en lisant déjà premier tome, enfin presque. Je trouvais que malgré les océans, la superficie de l'Inde la distance entre la France et l'Inde, que le monde est relativement petit. Et l'air de rien, notre héroïne en a fait de la distance, cela peut même donner une idée de trajet pour un voyage en Inde : sur la route d'Anne de Montfort.

Je vous recommande très fortement de découvrir ces deux romans historiques "De tempête et d'espoir", Marina Dédéyan a une plume exquise et une grande curiosité qu'elle nous fait partager et surtout aimer ses romans. Vous ne pouvez qu'être ravi, ravi de naviguer sur les océans, découvrir l'histoire de ces comptoirs et une grande page de l'histoire mondiale et découvrir aussi scrupuleusement ce pays, l'Inde, qui ont fait rêver tant de voyageurs et qui en fascineront encore à traves les siècles futurs.

C'est un roman qui ne vous laissera pas indifférent ....

 

De tempête et d'espoir Pondichéry de Marina DédéyanDe tempête et d'espoir Pondichéry de Marina DédéyanDe tempête et d'espoir Pondichéry de Marina Dédéyan

La prédiction du sâdhu, maintenant ce serpent qui m'a épagnée, sous ce banian symbole de vie. De mon enfance en Bretagne, j'ai tiré le goût des contes et du merveilleux. Mon esprit, grâce à l'enseignement rigoureux reçu chez les ursulines, s'est accoutumé à se méfier des superstitions.

page 124

Les Arméniens ne baissent jamais les bras et l'on pourrait même estimer que l'adversité renforce leur détermination. Ceux de Julfa étaient négociants, joailliers, tisserands. Les Indes s'ouvraient alors au commerce avec le monde. Nombre d'entre nous choisirent d'y tenter leur chance. Ils parlaient le persan, la langue du Grand Moghol, celle des érudits, de la diplomatie et des affaires.
Madras, Pondichéry, Calcutta n'étaient au siècle dernier que de modestes comptoirs, tout juste quelques entrepôts au milieu de masures de pêcheurs. Aux côtés des Européens, les Arméniens ont contribué à en faire des villes florissantes.

page 136-137

On pourrait les croire toutes jumelles. Pourtant, une en particulier captive aussitôt mon regard, mon cœur, mon âme. En quoi sa beauté est-elle plus remarquable que celle de ses compagnes ? A-t-elle la bouche plus vermeille, les cils plus longs, les traits plus fins ? Sont-ce les fossettes creusées dans ses joues par un sourire mystérieux ou celle de son menton, le diamant qui scintille avec impertinence sur sa narine délicate ? Une vague brûlante m'envahit, plus violente que la fièvre. Ma gorge se dessèche, mon cœur éclate dans ma poitrine.

Je ne suis plus que fièvre et frissons, flux et reflux de cette marée de désir qui m'emporte, me laisse vidée, haletante et me prend à nouveau, tempête d'émotions. Nos yeux se cherchent, nos mains se frôlent, nos corps s'appellent à tout instant, replis précipités dans la moiteur de la cabine, où attaques et contre-attaques, nous nous rendons coup pour coup et baiser pour baiser.

page 263

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