Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
atasi.india.mania.com

atasi.india.mania.com

" Une fois que vous aurez senti la poussière de l'Inde, vous ne vous en libèrerez jamais " Rumer Godden

Les enfants de minuit de Salman Rushdie

Les enfants de minuit

De Salman Rushdie

Titre original : The Midnight's children

Roman traduit de l'anglais par Jean Guiloineau

Editions Folio Gallimard - 814 pages - Neuf : 11,50 €

Editions LGF - Editions de Poche - 670 pages- Neuf : 21,50 € -

 

Le héros de cette histoire Saleem Sinai qui est également le narrateur, écrit cette histoire telle une autobiographie. Durant son récit, il nous écrit ses échanges "présents" avec une certaine Padma qui l'épaule lors de cette écriture.

 

Avant de commencer à parler de lui, il parle de ses origines, son grand-père.

L'histoire de ce livre commence en 1917 au Cachemire, avec Aadam Aziz, revenu de cinq années en Allemagne et ayant comme profession médecin. Ses parents tenaient un commerce de pierres précieuses. Pour accéder d'un coin à l'autre de cette petite ville, il fallait souvent prendre un petit bateau. Aadam Aziz fût vite solliciter par Monsieur Ghani dont sa fille avait constamment des maux de tous les genres. Mais durant plusieurs années de consultation, Aadam Aziz n'avait pas droit de voir sa patiente car un drap avec des trous la protégeait de son regard. Aadam l'imaginait en recollant chaque petits bouts qu'il pût apercevoir d'elle. Mais un jour, Monsieur Ghani proposa en mariage sa fille du nom de Nasseem, alors que Aadam Aziz venait de perdre ses parents.

Le mariage eut lieu et la dot suffisait à Aadam Aziz et son épouse pour s'acheter une maison à Agra, ce qu'ils firent, après avoir passé par Armistar en 1919 lors d'affrontements qui les bloqua quelques temps avant de rejoindre Agra.

A Agra, ils fondèrent une famille de 5 enfants : 2 filles aînées Alia et Mumtaz qui deviendra plus tard Amina, la cadette Emerald, et les garçons Hanif et Mustapha.

Nasseem eut comme surnom à Agra la Révérente Mère car elle était devenue prématurément vieille, large, des énormes grains de beauté sur le visage et vivait de traditions et de certitudes.

Mumtaz changea de prénom suite à un évènement et devint Amina. Elle se maria à Ahmed Sinai, un marchand de plastique de Delhi où ils s'installèrent mais qu'ils durent quitter assez rapidement car son entrepôt fût brûlé lors des affrontements contre les musulmans.

Ils trouvèrent rapidement à un très bon prix une maison dans une énorme propriété à Bombay qu'un certain Methwold un Anglais vendit, nous sommes en 1947 et Amina était enceinte.

L'Indépendance était pour le 15 août 1947 et dans le Times in India, il annonça que le premier enfant naissant le jour de l'Indépendance paraitra dans le journal. Et le premier enfant qui naquit alors que dehors c'était l'effervescence de l'Indépendance, fût notre narrateur, notre héros Saleem Sinai. Comme prévu, des journalistes interviewèrent la mère et ils prirent des photos du nourrisson qui parurent dans le journal. Ils eurent également 100 roupies et Saleem reçut une lettre de Nehru.

Une année après, Singe de Cuivre ou du vrai nom Jamila, la soeur de Saleem naissa. Et l'enfance de Saleem se passa insoucieusement dans cette demeure avec ses voisins malgré quelques nuages gris comme les disputes familiales, l'alcool, la démence, des aventures amoureuses, des fuites, les moqueries, sa haine contre Shiva un garçon qui naquit en même temps que lui ... Le ciel s'assombrissa encore plus vers ses treize ans et plus rien ne sera plus jamais pareil.

Saleem n'était pas très beau, il avait des tâches sur le visage et un nez en forme de concombre et avait toujours le nez bouché donc il ne sentit pas grand chose. Il était toujours l'objet de moqueries pour sa tête un peu ingrate. Mais son don, car chaque enfant de minuit ayant naquit ce 15 août 1947 à la première heure en avait tous un. Saleem pouvait lire dans les profondeurs des pensées et pouvaient rentrer en contact avec ces autres enfants de minuit. A son départ de Bombay, ses parents lui firent déboucher le nez, et là son don s'enleva pour un sens olfactif hors du commun.

Le départ de Bombay commença pour lui une vie sombre ..... Les conflits entre l'Inde et le Pakistan et même la Chine n'arrangèrent pas les choses, ni les guerres, les innocents tués ...

Ensuite, il eut la période d'Indira Gandhi et sa "Campagne municipale d'embellissement" ou plus précisément la destruction des bidonvilles et sa campagne de stérilisation.

Il eut entre ces deux évènements des moments douloureux qui lui firent même perdre la mémoire un certain temps.

 

Le livre suit l'histoire de l'Inde avant l'Indépendance jusqu'à la fin des années soixante dix et on remarque la présence dans cette famille d'un déracinement familial : entre les origines du Cachemire, l'expatriation de quelques membres de la famille au Pakistan, certains vivant en Inde ... Et même au niveau religieux et traditions, je pense que Saleem ne savait plus lui même de quelle confession il était ... Ni peut-être qui il était tout simplement.

Le livre est divisé en trois livres : le premier de la vie de son grand père à sa naissance le 15 août. Le deuxième livre retrace l'adolescence et l'anéantissement de sa famille. Le troisième livre retrace le début de la vie adulte de Saleem.

On découvre une Inde après l'Indépendance tâché par des émeutes, des guerres, des meurtres, ... Une Indépendance qui devait donné une renaissance à un pays et dont des décisions politiques ont entaché celle-ci.

Un livre prenant, tantôt bouleversant, tantôt drôle, tantôt presque irréel, tantôt abstraite, tantôt métaphorique ... mais au fond un livre tellement touchant dans ces décennies sombres. C'est peut-être une histoire fictive mais qui relate l'histoire de l'Inde tel un livre d'histoire vécut par 3 générations.

 

Personnellement, je l'ai lu en moins d'une semaine, pour vous dire comme le livre nous absorbe, même si le début est peut-être moins intéressant et plus monotone, ne vous arrêtez pas à ça et lisez ce livre jusqu'au bout. Vous aurez la chance de profiter d'un très bon livre et en même temps vous vous instruirez sur une partie de l'histoire indienne et les conflits après-Indépendance.

 

 

Les enfants de minuit de Salman RushdieLes enfants de minuit de Salman Rushdie
Les enfants de minuit de Salman RushdieLes enfants de minuit de Salman Rushdie

Comprenez ce que je dis : pendant la première heure du 15 août 1947 - entre minuit et 1 heure du matin - pas moins de mille et un enfants sont nés à l'intérieur des frontières de l'Etat souverain et nouveau-né de l'Inde. En soi, ce n'est pas un phénomène extraordinaire (encore que les résonances de ce chiffre soient étrangement littéraires) - à l'époque, dans notre partie du monde, les naissances excédaient les morts d'environ six cent quatre-vint-sept à l'heure. Ce qui rendait l'évènement remarquable, c'était la nature de ces enfants, chacun d'eux étant, à cause de quelque caprice de la biologie, de quelque pouvoir surnaturel du moment, ou simplement d'une pure coïncidence (bien qu'une synchronisation sur une telle échelle aurait saisi d'étonnement C. G. Jung lui-même), doté de traits, de talents ou de facultés, qui ne peuvent être qualifiés que miraculeux. C'était comme si - si vous me permettez une petite fantaisie, dans ce qui sera, par ailleurs, je le promets, le récit le plus sobre dont je sois capable - comme si l'histoire arrivant à un maximum de signification et de promesse avait choisi de semer, en cet instant, les graines d'un avenir qui serait radicalement différent de tout ce que le monde avait connu jusqu'ici.

Si je n'avais pas voulu être un héros, M. Zagallo ne m'aurait jamais arraché les cheveux. Si mes cheveux étaient restés intacts, Keith-la-glande et le gros Perce ne se seraient pas moqués de moi ; Masha Miovic ne m'aurait pas poussé à perdre mon doigt. Et de mon doit coula du sang qui n'était ni-Alpha-ni-Oméga et qui m'envoya en exil ; et en exil je brûlais du désir de me venger, ce qui conduisit au meurtre de Homi Catrack ; et si Homi Catrack n'était pas mort, peut-être que mon oncle n'aurait pas sauté d'un toit dans la brise marine ; et alors mon grand-père ne serait pas allé au Cachemire et n'aurait pas été brisé à cause de l'effort fourni pour gravir la colline de Sankara Acharya. Et mon grand-père était le fondateur de ma famille, et mon destin était, par ma date de naissance, enchaîné à celui de la nation, et le père de la nation était Nehru. La mort de Nehru : puis-je écarter la conclusion que cela aussi fut de ma faute ?

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article