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atasi.india.mania.com

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" Une fois que vous aurez senti la poussière de l'Inde, vous ne vous en libèrerez jamais " Rumer Godden

Constance de Rosie Thomas

Son email était une façon de demander à Connie de venir sans tarder, c'était évident. Que voulait Jeanette, au juste ? Connie se ressaisit : ce n'est pas ainsi qu'il fallait considérer le problème. En quoi pouvait--elle l'aider ? Elle n'avait que le sentiment lancinant de ce qu'elle avait manqué, de ses échecs, alors qu'elle aurait pu essayer de se réconcilier avec sa soeur et qu'il lui restait peu de temps pour faire amende honorable.

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Constance de Rosie Thomas

Traduit de l'anglais par Elisabeth Luc

Edition Charleston - Date de parution : 7 mars 2017 - ISBN :  978-2368121283 - 424 pages - Prix éditeur : 22,50 €

 

Quatrième de couverture

Très loin de son Angleterre natale – et d'un chagrin d'amour auquel elle ne pourra jamais vraiment échapper –, Connie (Constance) s'est créé une nouvelle vie à Bali, dans un endroit idyllique à la végétation luxuriante. Mais lorsqu'elle reçoit un appel de sa soeur Jeanette, mourante, elle se doit de retourner à Londres. Pourtant les sentiments qui les lient ne sont pas des plus simples. L'une était ténébreuse, l'autre, un véritable soleil. Jusqu'à ce qu'elles tombent amoureuses du même homme… Avec l'amertume de la trahison entre elles, les deux soeurs doivent apprendre à se pardonner. Pourront-elles retrouver les liens partagés lors de leur enfance et dépasser les mensonges ?

Constance de Rosie Thomas

"Le Châle du Cachemire" de Rosie Thomas est une lecture qui m'avait profondément marqué. Je l'avais apprécié car c'est un roman m'avait transporté au Cachemire, le Cachemire d'hier et le Cachemire d'aujourd'hui. J'y avais trouvé une belle histoire, celle d'une jeune femme anglaise à la recherche de l'histoire de sa famille maternelle à travers un objet, un châle. Une quête qui mènera son lecteur au plus profond de l'Inde, dans une région que l'on connaît uniquement pour ses conflits et dont on oublie sa beauté et sa culture.

J'avais donc envie avec "Constance" de retrouver l'écriture de cet auteur tout en me remémorant les sons, les couleurs, l'atmosphère et la beauté de Bali, une petite île indonésienne restée hindouiste. Mais j'y ai trouvé bien plus. Dans "Constance", Rosie Thomas nous fait découvrir l'histoire d'une femme nommée Constance en rapport avec une rue londonienne où elle a été abandonnée puis trouvée alors qu'elle n'était qu'un nouveau-né. La Constance du roman n'a pas encore cinquante ans mais souffre du poids de son passé. Malgré une réussite professionnelle dans le monde de la publicité, un bel appartement à Londres, une petite maison à Bali, pas de problèmes d'argent, sa vie privée est loin d'être glorieuse. Alors autant fuir ce qui la perturbe et vivre ailleurs, loin du monde extérieur. Pourtant, lorsque sa soeur Jeanette reprend contact avec elle après des années de silence, c'est pour lui annoncer qu'elle est atteinte d'un cancer incurable et qu'elle vit les derniers mois de sa vie. Constance prend alors le premier vol pour Londres mais doit accepter qu'elle devra faire face à ses souvenirs qu'elle souhait tant voir enfouir. A leurs retrouvailles, les soeurs font alors table rase du passé et deviennent l'une pour l'autre comme elles n'ont été jamais auparavant des soeurs aimantes. Pourtant, il n'est pas simple d'oublier ce qu'il s'est passé autrefois : l'enfance à Echo Street, les privilèges accordés à Jeanette atteinte de surdité mais extrêmement intelligente et déterminée par Hilda la mère, le décès de leur père Tony arrivé subitement, la façon dont l'adoption de Constance lui a été annoncé, le mari de Jeanette qui deviendra l'amant à Constance, ... En parallèle à cette histoire où Constance se retrouve à nouveau à Londres auprès de sa soeur malade, l'auteur nous projette dans le passé, des bribes de souvenirs qui nous permettent d'apercevoir ce qu'il s'est passé réellement à l'époque et les raisons pour lesquelles Constance a voulu fuir.

Certes Constance et sa soeur Jeanette sont au coeur du roman mais pourtant il n'est pas uniquement tourné autour d'elles car d'autres personnages évoluent à leurs côtés, Roxana une jeune femme venue d'Ouzbékistan et qui rêve de devenir anglaise, Noah le fils de Jeanette et qui croisera la route de Roxana, Bill le mari de Jeanette et avec qui Constance a eu une relation passionnée, Angela une amie de Constance, etc. Ainsi Rosie Thomas nous permet en même temps de toucher à plusieurs histoires et donc différents thèmes sans alourdir l'histoire principale. Il est d'ailleurs très appréciable que le roman n'est pas cantonné qu'autour de la maladie de Jeanette et la culpabilité de Constance.

Il est vrai que je m'attendais à trouver plus de Bali à travers les lignes de ce roman. Mais pour autant, je suis loin d'être déçue par cette lecture. J'y ai trouvé ce que j'y cherchais, me souvenir de cette île, de son ambiance, ses paysages, ses sons, ses gens, ses traditions ... Rosie Thomas nous offre par ailleurs à assister à une magnifique fête balinaise mais je n'en dirais pas plus car elle résulte d'un moment très important et significatif à l'ensemble. 

  "Constance" est donc un roman pas si désagréable à lire bien au contraire, on peut y prendre du plaisir. C'est un roman qui nous transporte dans trois lieux différents associant des cultures ayant une conception différente du monde et de la vie, les priorités existentielle sont autres.  Rosie Thomas y aborde des sujets pêle-mêle où se côtoient le poids des passé et des sentiments, la mort, la maladie, le handicap, la naissance, l'adoption, l'adultère, l'exil, la recherche de soi, la notion de différence culturelle ou physique, la difficulté d'insertion ou a contrario son aisance, .... Des sujets utilisés avec parcimonie, par petites touches sans entrer dans l'outrance et l'exagération, sans en faire une fixation. 

Un roman à lire durant les premières journées agréables du printemps.

Constance de Rosie Thomas

Dans la bande de ciel diaphane et scintillante, entre le ciel bleu et la mer, un autre avion volait en rugissant vers Denpasar. L'aéroport l'attendait, déjà bondé de personnes qui parcouraient inlassablement le globe tels des atomes, chargés de leurs propres problèmes, s'envolant vers une famille ou en s'éloignant, enfants et patriarches, frères et soeurs et parents, bien portants et malades, ployant sous les horaires, les ordinateurs portables, les objets souvenirs, les notes pour des réunions, rien que des voyageurs, avec leurs remords et leurs bonnes intentions, chacun avec ses rêves et ses souvenirs.

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