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atasi.india.mania.com

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" Une fois que vous aurez senti la poussière de l'Inde, vous ne vous en libèrerez jamais " Rumer Godden

Indigo de Catherine Cusset

Dans son genre décontracté, Raphaël était aussi coquet que Roland. Renata, qui le suivait avec ce dernier, le complimenta sur la couleur.
"Indigo, c'est ça ?
- Je crois.
- C'est son adieu à l'Inde, dit Roland. Inde, I go !"

Page 231

Indigo

De Catherine Cusset

Broché - Éditions Gallimard - Date de parution : 10 janvier 2013 - ISBN : 978-2070138388 - 320 pages - Prix éditeur : 19,90 €

Poche - Éditions Gallimard - Date de parution : 17 avril 2014 - ISBN : 978-2070456741 - 336 pages - Prix éditeur : 19,90 €

Indigo de Catherine Cusset

Charlotte Greene, Raphaël Eleuthère, Roland Weinberg et sa compagne italienne Renata ont été invités en Inde pour un festival de culture française. Un séjour et un festival qui ont lieu un an après les attentats de Bombay. Charlotte, Raphaël et Roland sont issus du monde littéraire et cinématographique français même si Charlotte s'est établis aux États-Unis par amour pour un américain. Avant ce voyage, ils ne sont jamais fréquentés et pourtant, malgré eux, ils formeront un groupe durant ce séjour. Un groupe qui est censé être géré par Jagdish mais ce dernier brillera souvent par son absence.

Après deux jours à Delhi, ils se retrouvent à l'autre extrémité du pays dans l’État du Kerala et précisément à Trivandrum. Dans le sud, ils sont accueillis par Géraldine directrice de l'Alliance Française et responsable du festival, une bretonne mariée à un indien musulman et jeune maman.

Charlotte, Raphaël, Roland, Renata Géraldine - le club des cinq - ont un point commun. Ils ont chacun un secret qu'ils portent discrètement enfouis en eux : souvenir d'un vieil amour de jeunesse laissée en Inde; adolescente amoureuse d'un homme plus âgé qu'elle espionnait durant trois étés de son enfance ; suicide d'une meilleure amie d'origine indienne ; pseudonyme pour oublier sa véritable identité ..

Tour à tour sur une semaine, de Paris à Trivandrum, en passant par Delhi, Cochin et Pondichéry, chacun confiera ses secrets, ses craintes, ses blessures mais aussi sa propre expérience liée à ce festival, ses compagnons et sa découverte de l'Inde.

 

 

Indigo de Catherine Cusset

"Indigo" est un roman que j'ai emprunté dans une médiathèque où je cherchais un livre qui parlait de l'Inde et que je ne connaissais pas. J'étais curieuse de découvrir ce qu'il se cachait derrière ce titre et sa quatrième de couverture. Je termine ce roman assez déçu, je l'avoue.

Une des raisons, est que j'ai trouvé ses personnages agaçants et chacun à sa manière. Cela provient sans doute de leur façon de voyager et de se comporter en Inde. L'étalement de la richesse, leur imprudence, le manque de savoir-vivre par exemple. Mais il y a également leurs obsessions continuelles souvent liées au sexe. Charlotte est très maladroite, naïve, presque bête. Roland l'étalon sexagénaire, qui est accompagné par sa jeune italienne qui a la moitié son âge et qui a un rôle de potiche, ne pense qu'à son entre-jambe notamment lorsqu'il voit une femme qui lui plait. Raphaël est le plus mystérieux et surtout le plus froid de la bande, on s'attend à le découvrir au fil du roman mais non, il s'avère qu'il a les mêmes poussées bestiales que Roland. Géraldine, la plus jeune, est simplement immature et inexpérimentée.

Pourtant l'idée de base, un voyage en Inde, qui permet à chacun, souvent à leur insu, de renouer avec leur passé, est une bonne idée. De plus, la construction du roman est délicate. Les expériences quotidiennes de chacun qui s'alternent au cours de cette fiction sont très bien rythmées sans fausse note ou presque, car la fin je l'ai trouvé simplement exagérée.

Je trouvais l’insistance sur les attentats de Bombay inintéressante. Alors oui Charlotte a laissé son bagage à main dans la salle des départs de l'aéroport dans le premier chapitre et a ainsi déclenché une alerte à la bombe. Logique. Oui, les voitures sont contrôlées devant les hôtels en Inde, tout comme dans d'autres pays. Logique. Logique également qu'un an après les attentats de Bombay, la tension peut être palpable. Alors à pars inventer des scénarios-catastrophes avec comme premier rôle des personnages secondaires, ce n'est pas intéressant. Dans "Indigo"Il y a du bon, du mauvais. Certains pourront peut-être aimer, d'autres moins. Je suis dans la seconde catégorie. Après c'est une affaire de goût, personnellement ce n'est pas sous cet angle que je souhaite voir l'Inde.

Pourquoi arrivait-il souvent que l'on pense à quelqu'un qu'on n'avait pas vu depuis longtemps et que, ce jour-là précisément, on tombe dans la rue su lui ou que l'on reçoive de ses nouvelles ? Pourquoi les absents se manifestent-ils au moment où notre esprit les convoque ? Elle ne croyait ni au dieu catholique de son enfance, ni au dieu musulman de son mariage, ni aux hindous que tous ici vénéraient, mais à des forces spirituelles qui régissaient le monde - la force du désir, qui faisait arriver les choses ? Le refus de l'oubli ? Comment expliquer autrement qu'un festival qui promettait de n'étre qu'un pensum destiné à avancer sa carrière, un casse-tête dont elle se serait bien passée, lui apportât ce cadeau inouï ?
Jean-Michel Guéguéniat.

Page 75

Un vieux moine bouddhiste voyage avec un jeune compagnon. Au moment de traverser une mare, il se fait interpeller par une riche dame qui lui ordonne de la porter pour qu'elle se mouille pas sa robe et ses chaussures. Il obéit. La dame l'insulte tout au long du trajet. Quand il pose la tête de l'autre côté, elle ne le remercie même pas. Quelques heures plus tard le jeune compagnon demande au vieux moine : "Maître, pourquoi vous êtes-vous laissé humilier par cette femme odieuse ? Pourquoi avez-vous accepté de la porter ?" Le moine lui répond : "Je l'ia posée à terre il y a cinq heures ; tu la portes encore".

Page 229

- Tu es content de ton séjour en Inde?
- Je suis content de rentrer. Il fait trop chaud, c'est sale. Je n'aime pas voyager.
La réponse n'était guère courtoise, mais le ton restait amical.
- Rien ne t'a plu vraiment?
- Ce n'est pas ça. C'est cette misère. ça me donne l'impression d'être un voyeur. Je trouve ça obscène;
- Pourquoi tu as accepté de venir?
Il haussa les épaules.
- Comme ça. Je ne connaissais pas l'Inde. Pour confirmer que je suis mieux chez moi..

Page 284

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