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atasi.india.mania.com

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" Une fois que vous aurez senti la poussière de l'Inde, vous ne vous en libèrerez jamais " Rumer Godden

L'homme qui parlait à la nuit de Mira Jacob

Mais ce furent les derniers mots de Sunil qui provoquèrent le plus de dégâts, et en plus d'une fois Amina, en se retournant, trouva son père en train de les fixer, elle et son frère, comme s'ils lui étaient déjà devenus étranges. Quatre ans plus tard, quand Akhil mourut, elle sut que les paroles de son oncle résonnaient encore plus fort dans la tête de Thomas que toutes les consolations que l'officiant avait à offrir.

Page 61

L'homme qui parlait à la nuit

De Mira Jacob

Titre original : The Sleepwalker's Guide to Dancing

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Christine le Boeuf

En format broché : Éditions Actes Sud -  Date de parution : 10 juin 2015 - ISBN : ISBN 978-2-330-05560-8 - Pages : 523 - Prix éditeur : 23 €

En format poche : Éditions Actes Sud - Collection : Babel - Date de parution : 17 mai 2017 - ISBN : ISBN 978-2-330-07738-9 - Pages : 608 - Prix éditeur : 10 €

 

"L'homme qui parlait à la nuit" n'est pas seulement un roman qui parle des délires d'un homme qui parle aux fantômes. Il va bien plus loin dans la complexité du cerveau humain, siège de nos émotions, de nos réflexions, notre identité, de nos souvenirs ...

 

Amina, trente ans, vit à Seattle où elle a un travail dans le monde de la photographie événementielle. Sa mère Kamala, qui vit à l'autre bout des États-Unis à Albuquerque au Nouveau-Mexique, s'inquiétant de l'état de son mari Thomas, appelle sa fille pour lui demander de rentrer à la maison au plus vite.

Thomas, un brillant neuro-chirugien, est d'origine indienne et s'est installé en Amérique il y a de cela trente ans en arrière avec sa famille, sa femme Kamala et ses deux enfants Amina et Akhil aujourd'hui décédé.

Amina, contrairement à sa cousine Dimple qui vit également à Seattle, n'a jamais refusé de se rendre chez ses parents et n'hésitera à prendre des congés même si une grosse saison l'attend à son travail. Mais ses parents sont très atypiques et haut en couleur, son séjour risque de durer plus longtemps que prévu. Dès son arrivée à la maison familiale, elle affrontera une mère qui n'a pas hésité à utiliser le comportement bizarre de Thomas pour faire venir en urgence sa fille mais dont l'intention principale est de lui trouver un mari. Thomas qu'en a lui, lorsqu'il n'est pas au travail, se réfugie dans sa véranda où il troque sa tenue de médecin contre celle d'inventeur, style Géo Trouvetou. La nuit tombée, commence pour lui d'intenses discussions avec les membres de sa famille décédés.

Ce retour aux sources, sera pour Amina une rupture avec la routine dans laquelle elle s'était réfugiée après le scandale d'une de ses photographies lorsqu'elle était photo-reporter. Mais elle se confrontera à une chose bien plus profonde, les blessures familiales qui n'ont pas arrêté de meurtrir sa famille - le lien brisé entre son père et sa famille indienne mais surtout le décès brutal d'Akhil parti trop tôt. Un nouveau malheur les ébranlera, se rajoutant à une liste déjà trop longue, la maladie. Ce retour dans la ville qui l'a vu grandir lui réservera tout de même des moments joyeux au travers d'une retrouvaille et qui lui permettra de voir en l'avenir dans un ciel sombre.

 

"L'homme qui parlait à la nuit" entremêle les histoires entourant deux crises de cette famille : les hallucinations insomniaques de Thomas en 1998 et celle débutant à l'adolescence d'Akhil souffrant de narcolepsie en 1982-1983. Mais une crise initiale a été entrevue, certes brièvement, dans le seul et unique "livre" faisant référence à des faits sur le sol indien, lors du dernier séjour de la famille en 1979, où l'on découvre la violence somnambule de Sunil, le frère à Thomas et le retard mental de son fils Illy. L'on peut d'ailleurs être étonné que le personnage principal d'Amina, n'est pas allé voir elle-même un spécialiste pour vérifier qu'elle n'a pas été touchée elle aussi ...

Le récit nous fait donc voyager d'une période à une autre, au travers d'une délimitation bien distincte, en livre. Des va-et-vient entre le début des années quatre-vingt où Amina est au lycée jusqu'au décès du frère Akhil ; et le moment présent, c'est-à-dire en 1998.

Ce roman nous fait découvrir la complexité des liens familiaux et ses responsabilités, mais nous fait découvrir l'espace vide qu'apporte un décès d'un membre de la famille même une décennie plus tard. Malgré que les Eapen, leur nom de famille, aient une trentaine d'années de vie aux États-Unis, ils restent toujours soudés avec leur une communauté et continuent à garder ce lien coûte que coûte, qui les relie à leur pays d'origine, soutien essentiel pour affronter les aléas de la vie. La jeune génération est plus détachée de leurs origines, essayant de se fondre dans le melting pot américain, mais ne dit-on pas "La pomme ne tombe jamais de l'arbre" et à n'importe quel moment, un revirement de situation est envisageable.

En outre, le livre fait aussi référence aux Indiens d'Amérique, petit clin d'oeil du combat de ces tribus qui se font enlever leur terre de manière malhonnête et qui essaye de survivre déposséder de la terre de leurs ancêtres. Un chapitre leur ai consacré et même indirectement un personnage par son métier.

En lisant "L'homme qui parlait à la nuit", on peut ressentir que son écriture a demandé un long travail, impression confirmée en fin d'ouvrage. Il est très bien pensé, bien structuré, des personnages loin d'être ennuyeux, souvent drôle, l'histoire tient la route même si quelquefois l'on peut se demander si la folie peut aller encore plus loin qu'elle n'a été mentionnée. J'avoue que je ne m'attendais pas à découvrir cette histoire telle qu'elle est contée dans le livre, le titre et la quatrième de couverture ayant sans doute faussé la première interprétation que l'on peut lui donner. Il ne s'attarde pas sur les fantômes qui apparaissent la nuit, mais sur le passé et ses douloureux souvenirs.

"L'homme qui parlait à la nuit" est un roman qui se déguste et se savoure à chaque page. Il est à la fois dramatique, comique et romantique et offre une très belle lecture.

 

L'homme qui parlait à la nuit de Mira JacobL'homme qui parlait à la nuit de Mira Jacob

Elle comprit cela, tout à coup, avec la même certitude que, plus tard dans sa vie, lorsqu'elle comprendrait d'autres vérités étranges : que Dimple avait plus besoin d'elle qu'elle n'avait besoin de Dimple, que les disputes de ses parents avaient pour l'objet l'Amérique, et non Monica. Certes, Akhil pouvait discourir sur la question de savoir si les Indiens étaient ou non des citoyens de seconde classe dans le monde occidental, et sur le fait qu'un gouvernement fort était le seul recours pour les gens marginalisés, mais lorsqu'il arrivait quelque chose de grave, quelque chose de tellement grave que ni lui ni elle ne pourraient jamais plus penser à l'Inde sans que leurs cœurs se déchirent, il se tirait. Il foutait le camp. Il s'éteignait comme une lumière.

Page 162

Sa gorge se dessécha. Juste au moment où elle se sentait basculer dans une panique silencieuse, le fumeur tira sur la cigarette et le halo de lumière orange révéla un visage si familier que la nuit elle-même parut reprendre vivement son souffle autour d'elle, précipitant la flamme tout ce qu'il y avait d'oxygène.
Il était toujours le même. Exactement le même, avec ces pommettes étalées en arcs qui lui étaient venus après le Grand Sommeil. La lueur de la cigarette s'éteignit, laissant une traînée verdâtre dans le ciel nocturne.

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L'homme qui parlait à la nuit de Mira JacobL'homme qui parlait à la nuit de Mira Jacob

Mes plus sincères remerciements aux Editions Actes Sud et à un grand homme.

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voyage de luxe en Inde 03/05/2017 13:36

C’est avec cette rédaction que, je crois sérieusement que ce site a besoin de beaucoup plus d’attention. Probablement je je serai de retour pour lire à travers encore, merci pour l’information!

titoulematou 22/08/2015 12:44

Je continue de vous suivre !!! A bientôt pour d'autres lectures!!!

titoulematou 13/08/2015 12:54

Et voila, lu et adoré!
http://lireetrelire.blogspot.fr/2015/08/lhomme-qui-parlait-la-nuit-mira-jacob.html
mon article ne vaut pas le votre malheureusement
Merci du conseil en tout cas!!!!!!!!!!!!!!

Atasi 13/08/2015 13:29

Je suis ravie que le livre vous ai plu et de vous avoir été de bons conseils. C'est une belle récompense pour le travail fourni pour ce blog et je vous remercie.
Super chronique, nous avons ressenti la même chose lors de lecture et c'est gentil de me mentionner au passage ;-)
A très bientôt j'espère

titoulematou 04/08/2015 19:35

bonjour,
je suis en pleine lecture. le résumé de la quatrième de couverture semble parler d'un livre différent. J'aime bien pour le moment !

Atasi 04/08/2015 20:13

Je suis contente que vous aimez bien le livre. Je suis d'accord que la quatrième de couverture n'a rien à voir avec l'histoire, à croire que celui qui l'a rédigé n'a pas lu le livre ou compris. Malheureusement, cela arrive souvent. Heureusement certains blogs sont là pour aider le futur lecteur. Je mets rarement les quatrième de couverture sur mes chroniques car elles souvent loin de la réalité.
Bonne suite de lecture et merci pour votre message.

titoulematou 23/07/2015 18:46

Bon j'ai succombé et je suis retournée à la librairie pour l'acheter... je vais finir celui que je lis en ce moment et je pense que ce sera le suivant ...

Atasi 23/07/2015 22:18

Génial! Très très bonne lecture et n'hésitez à me donner vos impressions.
A bientôt

titoulematou 22/07/2015 19:08

j'ai vu ce livre à la librairie tout à l'heure et hésité.... vous le conseilleriez?

Atasi 22/07/2015 19:31

Sincèrement je vous le conseille. C'est un livre qui a été méticuleusement écrit et ses 500 pages ce n'est que du plaisir. Contrairement à ce que fait croire la 4ème, il parle très peu de fantômes mais plus des blessures du passé et le poids de l'absence d'un membre. Je l'ai trouvé très digeste, même s'il parle de sujets graves il reste un brin comique et on y trouve beaucoup d'amour.
J'espère vous avoir convaincu ; -)