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atasi.india.mania.com

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" Une fois que vous aurez senti la poussière de l'Inde, vous ne vous en libèrerez jamais " Rumer Godden

Les Kama Sutra de Vatsyayana

L'homme, dont la période de vie est de cent années, doit pratiquer Dharma, Artha et Kama à différentes époques, et de telle manière qu'ils puissent s'harmoniser entre eux sans le moindre désaccord. Il doit acquérir de l'instruction durant son enfance ; dans la jeunesse et l'âge mûr, il s'occupera d'Atha et de Kama, et dans la vieillesse il poursuivra Dharma, s'efforçant ainsi de gagner Moksha, c'est-à-dire la dispense de transmigration ultérieure.

page 34

Les Kama Sutra

Manuel d’Érotologie Hindoue

De Vatsyayana

Éditions "La Musardine" -Collection : Lectures amoureuses - Date de parution : 21 mai 2015 - ISBN : 978-2842718725 - 329 pages - Prix éditeur : 6,95 €

 

Le "Kama Sutra", un mot bien connu, que l'on retrouve en Occident dans des ouvrages de tous types et pour un public avisé. Il est très souvent illustré, d'ailleurs beaucoup de personnes ne le connaissent que sous cette forme, mettant en avant des positions acrobatiques et nourrissant ainsi les fantasmes de tous genres.

Et pourtant, le "Kama-Sutra", qui signifie littéralement "les aphorismes du désir" (ou "aphorismes de l'amour") est loin d'être à la base un livre illustré, il est un recueil de textes d'origine sanskrite, sans doute aussi ancienne que la civilisation indienne elle-même, c'est également pourquoi il est peut-être plus juste de le dire au pluriel "Les Kama Sutra". De plus, ce qui prime dans les "Kama Sutra" ne sont pas les prouesses acrobatiques mais l'importance de respecter quelques règles et de mettre comme par exemple les sens en éveil. Beaucoup de personnes seraient étonnées des détails qu'ils comportent, bien loin du cliché auquel nous sommes habitués.

Les Éditions Musardine, à travers cette parution, nous font partager et surtout découvrir le vrai texte des "Kama Sutra" en reproduisant la traduction fidèle de sa première version en langue française publiée par Jean Fort en 1932 et comportant la traduction initiale de Lisieux.

Avant de vous lancer dans les méandres des "Kama Sutra", vous trouverez en premier lieu dans cet ouvrage un avertissement de l'éditeur et une introduction permettant aux curieux de découvrir les origines des "Kama Sutra", plus complexes qu'elles n'y paraissent. Ces premières parties permettent également d'entrevoir la chance qu'une partie de ces textes nous soient parvenus grâce à Vatsyayana, qui n'est que le rédacteur regroupant plusieurs textes anciens. L'on y trouve également le travail fourni par Sir Richard Francis Burton et de son aide précieuse composée par d'érudits et de pandits indiens pour établir une première version occidentale au dix-neuvième siècle. L'introduction de la première version française par Jean Fort et retranscrite dans ce présent ouvrage, a été écrite par un certain Helpey, écrivain passionnée par la littérature érotique.

S'ensuit, ce que cherche avant tout le lecteur, le texte des "Kama Sutra" de Vatsyayana. Il n'y a pas de règle de lectures, vous pouvez le lire entièrement dans l'ordre, le feuilleter et vous arrêter là où bon vous semble. Bien évidemment, à travers ce texte vous découvrirez avant tout ce qu'il faut connaître sur les arts amoureux et les pratiques sexuelles.

Pour les plus sages et les plus curieux, vous trouverez l'art et la manière d'acquérir une épouse ; les sciences et les arts à connaître, le Kama Shatra ; les différentes catégories de partenaires et les correspondances ; la manière de se comporter avec son épouse ou l'épouse d'autrui ; les courtisanes ; les moyens à s'attacher aux autres ; ... Tout cela parsemé par les analyses et interprétations de Vatsyayana et de ses compères.

Pour les plus pressées, rendez-vous directement en deuxième partie, où vous trouverez l'art de l'embrassement et du baiser (non ce n'est pas pareil), les différentes morsures et griffures, les différentes manières de frapper (c'est un art mais avec modération svp), les différentes sortes de congrès et bien d'autres choses.

À noter que le style d'écriture et que le vocabulaire utilisé peut paraître vieillot et pourtant je trouve que cela lui confère un certain charme, loin de tout langage familier et provocateur. Par exemple, vous trouverez "congrès" qui signifie "union", "motion" qui signifie "mouvement", le "lingam" et le "yoni" que l'on retrouve généralement dans l'hindouisme et qui représente les organes génitaux masculin et féminin, ...

Ce qui est fort appréciable dans cet ouvrage, c'est qu'il est en format de poche et donc très facile à prendre en main, (contrairement au livre du "Kama Sutra" de Daniélou), vous pouvez le transporter partout avec vous. De plus, la police de caractères est idéale, et la mise en page assez aérée pour permettre justement à l'exercice du feuilletage du livre. Un livre pour les passionnées de tous genres et qui rendra peut-être certaines lettres de noblesse au "Kama Sutra".

Les Kama Sutra de VatsyayanaLes Kama Sutra de Vatsyayana

Les endroits sur lesquels doit porter cette pression avec les ongles, sont : le creux de l'aisselle, la gorge, les seins, les lèvres, le jaghana ou partie médiane du corps, et les cuisses. Mais Suvardanabha est d'avis que, si l'impétuosité de la passion est excessive, il n'y a pas à se préoccuper de l'endroit.

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L'Auparishtaka, ou congrès buccal, ne doit jamais être pratiqué par un Brahmane lettré, par un ministre chargé des affaires d'un État, par un homme de bonne réputation ; car, si la pratique est permise par les Shastra, il n'y a pas de raison pour qu'on la mette en œuvre, si ce n'est pas des cas particuliers. Ainsi, par exemple, on mentionne dans les livres de médecine le goût, la force et la qualité digestive de la viande de chien, mais il ne s'ensuit pas que le sage doive en manger. Par contre, il y a des hommes, des lieux et des temps à l'égard desquels on peut user de ces pratiques. Un homme doit, en conséquence, considérer le lieu, le temps et la pratique qu'il s'agit d'opérer, si elle convient à sa nature et à lui-même ; après quoi il pourra ou non s'y livrer, selon les circonstances.

Page 121-122

Maintenant, pour mener à bonne fin un projet de mariage avec une fille telle qu'on vient de la décrire, les parents et les amis de l'homme doivent faire tous leurs efforts, aussi bien que les amis des deux côtés dont l'assistance pourra être réclamée. Ces amis révèleront aux parents de la fille les défauts, présents et futurs, de tous les autres hommes qui peuvent la courtiser, et, en même temps, ils exalteront jusqu'à l'hyperbole les mérites de leur ami sous le rapport de ses ancêtres et de sa famille, de manière à le faire aimer des parents, et surtout de ceux qui peuvent être en meilleurs termes avec la mère de la fille.

Page 132

Je tenais à remercier les Éditions "La Musardine" et particulièrement Stéphane Rose pour cette collaboration.

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Cathy 03/06/2015 13:09

Article très intéressant. Bravo.