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atasi.india.mania.com

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" Une fois que vous aurez senti la poussière de l'Inde, vous ne vous en libèrerez jamais " Rumer Godden

india express de Constantin Simon

Caméra à la main, nous sillonnions l'Asie du Sud avec pour jardin l'Hindoustan. Parfois mon métier me désespérait tant il confinait à l'absurde, jouait de l'obscène. D'autres fois, il me remplissait de bonheur. Toujours il m'intriguait. Ça me grattait, je me disais qu'il y avait quelque choses à y voir, un truc à piger ... C'était grégaire et grossier, mais ça le mérite de créer des situations rocambolesques, des rencontres détonantes, des moments où l'on se disait : "Bon dieu, c'est aussi ça la vie !".

Page 181

india express de Constantin Simonindia express de Constantin Simon

india express

De Constantin Simon

Éditions "Le Passage" - Date de parution : 15 janvier 2015 -

ISBN : 978-2-84742-295-5 - 320 pages - Prix éditeur broché : 18 €

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Constantin Simon est journaliste reporter et a parcouru l'Asie pour diverses télévisions. Durant ses 7 ans sur le terrain, il a emmagasiné nombre d’anecdotes qu'il a regroupées dans ce roman pour les partager au plus grand nombre et faire connaître les coulisses des tournages télévisés.

 

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Pierre rêvait depuis l'adolescence de devenir reporter de guerre. A 22 ans, tout juste diplômé et voulant "mordre la poussière" que de rester à croupir entre quatre murs, il décide de prendre contact avec un grand mentor du journalisme. C'est en Béatrice Astruc, grande bourlingueuse, complètement loufoque à la réputation de tête brûlée, qu'il trouvera son guide.

Un mois plus tard, c'est avec elle, qu'il se retrouve dans les geôles sri-lankaises. Mais pas le temps de se décourager, à peine libérer direction l'Inde, Pierre toujours dans le rôle de cameraman.

En Inde, un premier reportage qui devait être sur le thème des religions se terminera en investigation dans la vallée de Parvati, haut-lieu de la culture et de la consommation de drogue. Un reportage où Pierre et Astruc se donneront corps et âme à leur mission, entre policiers consommateurs invétérés, producteurs et dealers, hippies et rastafari. Un reportage couronné de succès puis un autre, qui donneront à Pierre une folle envie de s’enivrer toujours plus de ce pays, son pays adoptif qu'est l'Inde.

Après le départ d'Astruc, miss bougeotte qui n'hésita pas à abandonner son apprenti sans un sou, c'est un nouveau défi que Pierre devra révéler. Le défi de mettre en pratique les ficelles du métier enseignées par son mentor mais surtout celui de s'affirmer à sa façon dans ce monde peuplé de requins. Après une petite traversée du désert dont il sortira plus enragé que jamais, il tentera de jouer dans la cour des grands, armé de sa caméra, d'une grande audace et avec comme bras droit sa recrue Mani, rien de l'arrêtera. S'enchaîneront quantité de reportages en Inde, mais également aux quatre coins de l'Asie. Mais le projet ultime de Pierre, n'était-il pas de devenir reporter de guerre et non porte-micro ?

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L'histoire se développe autour des pérégrinations et aventures rocambolesques d'un jeune apprenti reporter. Son entrée dans la vie professionnelle est un plongeon direct dans les eaux quelques fois troubles de l'Inde. Une Inde vraie, loin des clichés des tours opérateurs, une immersion totale sans tabous. Mais l'Inde ne sera pas le seul pays que le lecteur découvrira.

Constantin Simon nous transmet quelques ficelles du métier de reporter et surtout les réalités sur le terrain. Il nous livre les péripéties et parfois les dangers auxquels un reporter est confronté pour réaliser ces reportages tant appréciés. J'ai lu que le format habituel des films documentaires, pour s'inscrire dans la plupart des programmes télévisés, est d'une moyenne de 52 minutes. Grâce à ce livre, nous découvrons le grand travail et les difficultés pour moins d'une heure de programme : des semaines de tournage, de planques, de mises en place de stratégies, à scruter le moment opportun, de mises en situation, ... Mais ne croyez pas en un livre sans saveur, car chaque situation est décrite de façon cocasse avec une formidable joie de vivre et une bonne dose d'ironie.

"India Express" est un roman dont je conseille la lecture au plus grand nombre et pourquoi pas une relecture. Constantin Simon, tout en utilisant un langage dit familier, tient en haleine son lecteur ; le récit est constant, sans fausse note et à l'humour débridé.

Un livre original qui vous fera passer un très bon moment tout en découvrant les aléas et les secrets du métier de reporter.

- Je ne pars que pour deux semaines ...
Quelques jours plus tard, je posais pour la première fois le pied en Asie. J'étais très loin de me douter que j'allais y faire ma vie.

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Le chauffeur était devenu son grand copain, il aurait fait n'importe quoi pour elle, même foncer dans le ravin. Moi aussi je commençais à me laisser porter par mon excentrique patronne. Notre voyage ressemblait à un roman picaresque ; elle était Don Quichotte, moi son Sancho Panza.

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Une fatigue infinie, lourde de siècles et de continents, exsudait de chacun des prisonniers, perlant leurs visages d'opalescences fantomatiques. Les rayons de soleil tombaient sur eux et faisaient danser au-dessus de leurs silhouettes des particules de poussière, et ils semblaient anges déchus, et ils étaient clochards célestes, flottant dans le contre-jour, inertes, atomes d'existence qui attendaient là un purgatoire qui n'arriverait pas, déjections du Léviathan numérotées dans un fichier de l'administration fédérale.

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Lorsque le lendemain matin, la tête lourde, j'ai allumé la télé et vu le plus grand hôtel d'Inde toujours en feu, j'ai compris que nous avions raté l'évènement le plus important de l'année. J'avais tord, il s'agissait du plus important de la décennie.

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A poil, les Naga ne tardèrent pas à réchauffer l'eau gelé. Ils sautaient, criaient, se grimpaient sur les épaules, faisaient des bulles et des plongeons, trempaient leur bob-marleysienne tignasse de plusieurs mètres dans l'eau et la sortaient en la faisant tourner comme les hélices d'un hélicoptères, rugissant pour le plus grand plaisir des photographes. Officiellement un bain sacré c'était trois plongeons de la tête dans l'eau, ils en faisaient cent, les gaillards ! Entre l'orgie gréco-romaine, Aquaboulevard un samedi et le flash mob pour naturistes du troisième âge, ce fut sublime.

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Je me rassurais : "C'est le métier qui veut ça." Croyais-je fréquenter des enfants de cœur ? Les journalistes traquent l'extraordinaire, elle en était la plus évidente des manifestations. Il fallait donc traiter avec elle, par intermittence. Comme un vieil ami de parents qu'on n'aime guère rencontrer mais qu'on ne peut parfaitement ignorer.

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Je tenais sincèrement à remercier les Éditions "Le Passage" pour cette collaboration et Constantin Simon, un grand reporter.

Atasi

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