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atasi.india.mania.com

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" Une fois que vous aurez senti la poussière de l'Inde, vous ne vous en libèrerez jamais " Rumer Godden

Princesse de l'Ombre de Indu Sundaresan

Princesse de l'Ombre

De Indu Sundaresan

Titre original : Shadow Princess

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Isabelle Saint Martin

Editions Michel Lafon - 349 pages - ISBN : 978-2749911656 - acquis en occasion

 

Après nous avoir fait découvrir Mehrunnisa dans la "Vingtième Epouse" et le "Festin des Roses", Indu Sundaresen nous fait découvrir une nouvelle femme de l'ombre au temps de l'Inde Moghole, celle de la Princesse Jahanara. Mais avant de commencer par ce nouveau roman, revenons aux deux précédents cités, car pour tout nouveau lecteur, il est conseillé de connaître certains détails ayant eut lieu quelques années avant. Mehrunnisa a été la vingtième et épouse favourite de l'empereur Jahangar en devenant Nur Jahan et la tante de Mumtaz Mahal, pour laquelle le très connu Taj Mahal fut dressé pour lui servir de tombeau par son époux l'empereur Shah Jahan (fils de Jahangir). C'était une femme qui a contrairement aux autres épouses et aux femmes du zenana, avait un fort pouvoir auprès de son mari et à travers le territoire en édifiant des monuments juste à titre d'exemple. C'est justement au sein de la famille impériale de Mumtaz Mahal, la nouvelle impératrice après sa tante que se situe ce récit sur une période de 35 ans, entre le décès de cette dernière et le décès de l'empereur Chah Jahan détronné entre temps par un de ses fils Aurangzeb qui n'eut aucun scrupule à enfermer son père les dernières années de sa vie.

Toutes les personnes qui ont vu le Taj Mahal où qui ont eut la curiosité de s'y intéresser, connaissent les grandes lignes de ce mausolée, le décès de l'impératrice, la construction du Taj Mahal et Chah Jahan enfermé au fort d'Agra à contempler la dernière demeure de sa chère et tendre épouse. Mais derrière les grandes lignes, se cachent une histoire familiale, une vie à la Cour, ses rumeurs et ses complots, des guerres, des rêves de gloire, des pélerinages, la trace des anciens, la construction d'édifices ou du fameux "trône du paon", ...  Grâce à un énorme travail de recherches historiques piochées dans des écrits, biographies officielles commandés par l'empereur ou par des récits de voyageurs (dont des extraits de quelques lignes illustrent chaque début de chapitre telles des introductions), Indu Sundaresan nous dresse dans ce magnifique roman l'histoire de la famille de Chah Jahan comme elle aurait pu être et en mettant en avant celui d'une princesse de l'ombre qui a donné tout pour l'amour de son père : Jahanara. Sans elle, comme sa grande-tante Mehrunnisa ou sa mère Mumtaz Mahal, l'histoire de l'Inde serait sans doute différente aujourd'hui ...

 

Shah Jahan, l'empereur, au décès de sa bien-aimée a été anéanti, mais il avait la chance d'avoir une fille de 17 ans du nom de Jahanara (au décès de sa mère) qu'il aimait particulièrement, douée et d'une aussi grande intelligence que sa mère. Il lui donna le titre d'altesse impériale, la bégum Sahib Jahanara, la responsabilité du prestigieux sceau royal. Elle deviendra ainsi le bras droit de son père et la femme principale du zenana détrônant les autres épouses de son père. Le titre lui donnera de très grandes responsabilités, de multiples obligations, assistera quotidiennement son père comme l'aurait fait sa mère, s'occupera des réceptions à la Cour, essayera de calmer les ardeurs entre ses frères qui rêvaient chacun de devenir empereur, devra organiser les épousailles de ses frères, ... Par ce titre et en raison de l'amour qu'elle porte à son père, elle dût ainsi mettre sa vie de femme de côté notamment le côté sentimentale car il n'était pas question pour sa famille qu'elle épouse un homme car sa place était au sein de la Cour de l'Empeureur. Sauf que Jahanara tomba éperdument amoureusement d'un amir de la Cour un certain Mirza Najabat Khan auquel elle aurait pu se marier si les circonstances auraient été autres. Mais Jahanara ayant un caractère déterminé ne baissa pas les bras, car malgré que ses tâches quotidiennes qui l'épuisaient, elle avait besoin de vivre sa vie de femme ...

 

Une saga familiale et historique où l'on retrouve aussi bien de l'amour mais de la haine, des intrigues qui se nouent et se dénouent, de la jalousie, de la mesquinerie, des fausses rumeurs, de la traîtrise, des besoins de pouvoir, des conflits sur le territoire mais surtout au sein de la famille, ... Tout cela sur fond de l'édification du tombeau pour l'Impératrice, un monument et deux noms qui resteront graver tels les joyaux de ce mausolée de lumière dans du marbre.

Par ce sublime roman, Indu Sundaresan nous fait voyager à travers l'immense territoire de l'Inde Moghole au temps de Shah Jahan : de Burhanpur où décéda Mumtaz Mahal, Agra, Lahore, Srinagar, Deccan, Ajmer, Delhi, ... On découvrira les différents évènements qui ponctuent les journées ou les saisons à la Cour Moghole, ses fêtes religieuses, la hiérarchie ... Et par la même occasion, nous donnera des nouvelles d'anciens personnages que nous avons retrouvé dans les romans consacrés à une autre femme de l'ombre : Mehrunnisa.

 

 

 

Princesse de l'Ombre de Indu SundaresanPrincesse de l'Ombre de Indu Sundaresan
Shah Jahan et Mumtaz Mahal

Shah Jahan et Mumtaz Mahal

Les enfants du couple que l'on retrouve principalement dans le roman : Aurangzeb (fond violet) futur empereur Âlamgir Ier, Dârâ (fond vert profil droit), Shâh (fond vert profil gauche), Jahanara (noir et blanc profil droit) et Roshanara Les enfants du couple que l'on retrouve principalement dans le roman : Aurangzeb (fond violet) futur empereur Âlamgir Ier, Dârâ (fond vert profil droit), Shâh (fond vert profil gauche), Jahanara (noir et blanc profil droit) et Roshanara
Les enfants du couple que l'on retrouve principalement dans le roman : Aurangzeb (fond violet) futur empereur Âlamgir Ier, Dârâ (fond vert profil droit), Shâh (fond vert profil gauche), Jahanara (noir et blanc profil droit) et Roshanara Les enfants du couple que l'on retrouve principalement dans le roman : Aurangzeb (fond violet) futur empereur Âlamgir Ier, Dârâ (fond vert profil droit), Shâh (fond vert profil gauche), Jahanara (noir et blanc profil droit) et Roshanara Les enfants du couple que l'on retrouve principalement dans le roman : Aurangzeb (fond violet) futur empereur Âlamgir Ier, Dârâ (fond vert profil droit), Shâh (fond vert profil gauche), Jahanara (noir et blanc profil droit) et Roshanara

Les enfants du couple que l'on retrouve principalement dans le roman : Aurangzeb (fond violet) futur empereur Âlamgir Ier, Dârâ (fond vert profil droit), Shâh (fond vert profil gauche), Jahanara (noir et blanc profil droit) et Roshanara

Arbre généalogique des empereurs Mogholes

Arbre généalogique des empereurs Mogholes

Il contempla longuement son image, passant les doigts sur les lettres parfaitement formées puis regarda le sceau qu'il tenait dans sa paume. S'y succédaient les noms de ses ancêtres, Timour le boiteaux, dit Tamerlan, Babour, Humayun, Akbar, Jahangir, et, au centre, le sien, Chah Jahan, roi du monde.

Page 49

Le mausolée fut dessiné d'après un coffre à bijoux que possédait Mehrunnisa. Carré, il mesurait soixante-neuf pieds de côté. A chaque angle, se dressait un minaret octogonal surmonté d'une galerie et d'une coupole arrondies. Au centre du toit en terrasse, on avait élevé un baradari aux murs marquetés de jalis de marbre, qui contenait deux cénotaphes de marbre blanc, marqués au nom de Ghias et de sa femme, Asmat. Leur dernière demeure se trouvait en dessous, également signalée par deux pierres tombales, au milieu de la salle principale, enduites d'un chunam poli, un plâtre chaux teint en jaune. Là, le sol était en marbre serti de pierres semi-précieuses et les jalis semblaient aussi délicatement découpés.
Mais c'était l'extérieur qui devait éblouir le visiteur, la surface entièrement ciselée d'étoiles, d'hexagones, de carrés, de fleurs, d'arcs et de courbes donnant l'impression qu'il y avait davantage d'incrustations que de marbre.
Pour choisir les joyaux qu'il faudrait sertir dans cette pietra dura, Mehrunnisa avait étalé des gemmes sur son tapis et longuement réfléchi avant d'opter pour des couleurs douces : de la sardoine pour les bruns, mais aussi des calcaires jaunes vifs, du jaspe vert foncé et le noir de l'héliotrope. Les rouges, les bleus, les roses restèrent sur le tapis.

Page 63

Elle était au courant du Mausolée de lumière que son père voulait édifier pour sa mère, honorant ainsi une femme d'un joyau de marbre comme aucun empereur avant lui, et nul autre après lui. Puisque Mumtaz n'était pas là, Jahanara prendrait sa succession à peu près en tout ; cependant elle ne pensait pas que sa vie en ce moment, ni celle de Goharara dont la venue avait tué cette femme irremplaçable, compterait pour beaucoup pour les siècles à venir. Elles ne seraient jamais que les filles de Mumtaz Mahal, toujours dans l'ombre lorsque celle-ci éclaterait de lumière. Elles seraient à jamais princesses dans l'ombre de la défunte impératrice.

Page 72

Agra
Samedi 23 juillet 1633
16 Muharram A.H. 1043
Alors que les oiseaux s'agitaient dans les arbres et que l'indigo du ciel se désintégrait à l'aube naissante, deux hommes se tenaient sur la plate-forme de grès du grand porche d'où ils contemplaient les jardins de la terrasse en bordure de rivière.
La journée de travail n'avait pas encore commencé. Les hommes demeuraient immobiles, plongés dans leurs pensées. La chaleur obnubilante de la veille s'était finalement fondue dans l'obscurité et il faisait plus frais maintenant. L'air pur embaumait la fleur de ketki plantée par quelque ouvrier autour de la terrasse. Lorsque le soleil se lèveraient, les pétales s'ouvriraient, agressifs, longs comme un avant-bras, dégageant un parfum puissant.
- Cela sera-t-il vraiment le paradis sur terre, Mirza Amanat Khan ? demanda le plus âgé des deux hommes.
Il dominait son compagnon d'au moins une tête. Ustad Ahmad Lahori venant d'entrer dans sa soixante-troisième année sur cette terre, et la plupart avait étaient consacrées au service des empereurs moghols de l'Hindoustan.

Page 176-177

Et maintenant ..., songeait-elle dans la maison de l'amir, au bord du lac, à regarder le ciel se coucher. Il avait posé une main tiède et vigoureuse sur sa taille et se tenait si près qu'elle pouvait presque entendre les battements de son coeur. Dès l'instant, où elle avait posé le pied sur le ponton où il l'attendait, elle se sentit délestée de toute confiance, de toute audace, au point de juste oser la tête vers lui. A peine était-elle parvenue à soutenir son regard, qu'elle sentit la peau de son visage la brûler en le voyant descendre ostensiblement la bouche. Elle mordit la lèvre. Jusque-là, chaque fois qu'ils s'étaient rencontrés, c'était à la faveur de la nuit, lorsque l'ombre tombait chastement sur les prunelles de l'amir, lorsqu'elle sentant sa présence plus qu'elle ne le voyait.

Page 232

Princesse de l'Ombre de Indu SundaresanPrincesse de l'Ombre de Indu SundaresanPrincesse de l'Ombre de Indu Sundaresan
Princesse de l'Ombre de Indu SundaresanPrincesse de l'Ombre de Indu Sundaresan
Princesse de l'Ombre de Indu SundaresanPrincesse de l'Ombre de Indu Sundaresan
Princesse de l'Ombre de Indu SundaresanPrincesse de l'Ombre de Indu SundaresanPrincesse de l'Ombre de Indu Sundaresan

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