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" Une fois que vous aurez senti la poussière de l'Inde, vous ne vous en libèrerez jamais " Rumer Godden

Les Lumières d'Assam de Janet Macleod Trotter

Les Lumières d'Assam de Janet Macleod Trotter

Les Lumières d'Assam

De Janet Macleod Trotter

Titre original : The Tea Planter's Daughter

Traduit de l'anglais par Cécile Arnaud

Editions France Loisirs (2014) - ISBN : 978-2298083958 - 543 pages - Prix neuf : 18,50 € - Acheté en occasion à 12,99 €

Editions Presses de la Cité - Date de parution : 21 mai 2015 - ISBN : 978-2258106956 - 450 pages - Prix éditeur : 19,90 €

 

"Les Lumières d'Assam" est un formidable roman qui nous transporte des magnifiques plantations de théiers de l'Assam (Etat qui se trouve aujourd'hui dans l'extrème nord-est de l'Inde entre le Bhoutan et le Bangladesh) aux quartiers modestes et sombres de Newcastle au Royaume-Uni. L'auteur nous ramène en 1904 alors que l'Inde appartenait à la Couronne d'Angleterre et dont les plantations de théiers sont la propriété de britanniques certains plus riches que d'autres. Elle nous fera aussi découvrir le Royaume-Uni durant la Première Guerre Mondiale.

 

Clarrie et Olivia Belhaven sont les deux filles d'un anglais du nom de Jock qui a préféré quitté son pays natal pour se mettre dans la culture du thé en Inde et d'une métisse anglo-indienne décédée alors que ses filles étaient petites. Jock a sombré dans la dépression après la mort de son épouse et les problèmes au domaine dont un tremblement de terre 7 ans auparavant l'on plongé dans l'alcool et l'opium. La plantation de Belgooree était menacée et les caprices de la météo n'ont pas arrangé la qualité des récoltes et un beau jour Jock est décédé, laissant ses filles orphelines.

Jock aurait pu sauver la plantation et offir un avenir meilleur à ses filles, mais son entêtement notamment à l'égard de Wesley Robson, un nouveau grand propriétaire d'une plantation, qu'il détestait car un différent avait opposé les deux familles bien des années plus tôt en Anlgetterre à propos d'une sombre histoire de matériel agricole. Wesley Robson avait visité la plantation de Belgoore et avait signalé qu'elle était menacée, mais son constat a été mal accueilli car tout de suite interprété comme s'il voulait s'en emparer. Il avait effectivement après une première échaffourée fait une proposition pour sauver la plantation, mais cette dernière a été encore plus mal accueillie par Jock mais également Clarrie. Clarrie qui n'était pas insensible à ce jeune homme mais ayant héritée du fort caractère de son père, elle ne voulu pas lui ouvrir son coeur ou même donner son amitié. Mais ce qu'elle ne sera pas, c'est que le monde est petit et elle croisera nombre de fois sa route.

 

Clarrie se retrouvait dorénavent seule avec sa soeur de 5 ans sa cadette et était obligée de vendre la plantation pour payer les créanciers et leur voyage au Royame-Uni. Elle avait réussi à y trouver de la famille, un cousin de son père Jared et lui avait demandé s'il pouvait les accueillir. Bien évidement, il accepta et après l'arrivée des soeurs à Newcastle, leur donna à chacune un travail dans son bar miteux où elles durent endurer son horrible femme Lily.

Les soeurs travaillèrent presque comme des esclaves et ne réussirent pas à trouver un autre travail, trop prises dans toutes les tâches que Lily leur ordonnèrent de faire. La seule sortie autorisée de Clarrie et Olivia était la messe du dimanche matin. C'est là que Clarrie commença à sympatiser avec Will Stock, le jeune fils d'un grand avocat qui se fournissait en tourtes chez Jared et Lily.

C'est justement ce jeune homme, qui avec son amitié pour Clarrie, donnera une chance grâce ou à cause des circonstances de la vie, aux soeurs d'avoir un avenir meilleur ... Et qui donnera l'espoir aux soeurs de peut-être réaliser un rêve celui d'ouvrir un salon de thé. Mais Will a un grand frère du nom de Berthie qui haïera tout de suite les Belhaven et qui leur rendra la vie impossible.

De plus, les Stock ont un lien avec Welsey Robson, et Clarrie rancunière croisera sa route, mais ne démantira que ses idées sur ce jeune homme sont totalement faux.

 

Un roman qui est une belle leçon de vie et surtout une lutte constante pour retrouver la dignité. Clarrie malgré ses préjugés sur les Robson, est une fille attachante au grand caractère dont sa force pour survivre sera sa soeur Olivia, son franc-parler qui lui causera souvent tord l'aidera malgré tout à franchir les obstacles mais elle a malgré tout une grande sensibilité qu'elle ravalera pour rester forte.

Le roman est magnifiquement écrit et l'on se plonge avec plaisir dans son récit. Tout est bien orchestré, chaque détail respecté et ayant son importance dans la suite du roman, des évènements historiques réels sur le Royaume-Uni du début du XXème siècle ont été savement calqué sur l'histoire, les périodes où aucuns détails importants est à constater n'ont pas été rajouté inutilement, on retrouve de très beaux points de caractères., l'amour de Clarrie pour l'Inde et le thé ... Bref tous les ingrédients qui donnent à ce roman sa qualité.

Personnellement je l'ai dévoré en un week-end et j'ai vraiment adoré, voulant toujours connaître la suite des évènements. Un grand coup de coeur que je conseille au plus grand nombre.

 

Les Lumières d'Assam de Janet Macleod TrotterLes Lumières d'Assam de Janet Macleod Trotter
Les Lumières d'Assam de Janet Macleod TrotterLes Lumières d'Assam de Janet Macleod Trotter

" Je souhaitais une héroïne attachante, chaleureuse, jeune, un peu naïve mais avec un caractère indépendant, ayant perdu sa mère très jeune ce qui l’a poussée à grandir pour s’occuper de son père et de sa jeune sœur. Il fallait aussi qu’elle soit étrangère – moitié britannique moitié indienne –, fière de qui elle est mais pas entièrement acceptée d’un côté ni de l’autre. C’est sa force de caractère et son humanité qui font qu’on l’aime.

Je suis fascinée par l’histoire du XXe siècle, et en particulier par les premières années lorsque la société britannique a commencé à évoluer, en particulier pour les femmes. Il y a une impression de changement et de progrès. La vie s’est améliorée pour toutes les classes sociales – comme un été doré – et puis le monde a plongé dans la guerre mondiale et un long hiver de conflit et de souffrances. Je suis très intéressée par l’histoire des femmes et la façon dont les gens se débrouillent et se sortent de ces bouleversements. Mon grand-père était artilleur dans les tranchées en France et ce sont les lettres chaleureuses de sa mère et de ses sœurs – et les paquets de biscuits écossais – qui lui ont permis de garder le moral pendant cette période terrible.

Le thé est une boisson indispensable chaque jour et à n’importe quelle heure ! J’aime le thé Redbush le matin, du Earl Grey ou du Darjeeling l’après-midi et du thé vert le soir.

Je pense qu’il y a des éléments intemporels dans son Inde et la mienne : les levers et couchers de soleil spectaculaires sur l’Himalaya, les couleurs éclatantes, les forêts luxuriantes, les odeurs évocatrices de cuisine ou de feu de bois, la gentillesse des gens. Lors de mon périple en bus en 1976, je me souviens de la sensation d’être à la maison en arrivant au Pakistan ou en Inde après les cultures si différentes de l’Iran ou de l’Afghanistan. Je pouvais lire les panneaux, on m’accueillait en anglais et les cafés servaient des œufs brouillés avec des toasts ! Il y avait une familiarité au milieu de l’exotisme qui était l’héritage des Britannique en Inde.

J’étais stupéfaite et très heureuse ! La liste a été publiée au début de l’année comme de merveilleuses étrennes ! J’étais tellement enthousiasmée que j’ai abandonné un roman en cours pour écrire une suite aux Lumières d’Assam. Elle est achevée et se passe dans les années 1920."

Propos recueillis par Ariane Grassi et Catherine Duras

Source : Site de France loisirs

Après deux jours à bord, elles arrivèrent à Rangpur, où elles prirent le train pour rejoindre Calcutta. Clarrie n'avait que de très vagues souvenirs de ce trajet qu'elle avait emprunté autrefois avec ses parents, quand ils étaient allés à la grande ville pour affaires, mais aussi pour s'acheter de nouveaux vêtements et passer une soirée au théâtre. Olivia, quant à elle, ne se le rappelait pas du tout. Plus elles s'éloignaient de l'Assam, plus la jeune fille s'enfonçait dans le silence. Lorsqu'elles arrièvent à Calcutta et se rendirent à la maison de la mission où elles devaient passer deux nuits avant de quitter l'Inde, elle ne disait plus le moindre mot.

page 99

L'arôme des feuilles brunes, fort et terreux, évoquait une chaleur humide. Le sachet suivant était plus parfumé, le troisième contenait du thé fumé et le quatrième offrait un mélange de feuilles de qualité inférieure. Fermant les yeux, elle revit les méandres sombres du Brahmapoutre, les collines plantées de pluie. Elle ouvrit un dernier sachet et inhala. Aussitôt, son délicat parfum épicé lui rappela le bois de santal et le chêne, l'eau de source et la brume matinale. Elle fut saisie par une nostalgie douce-amère. C'était le parfum de Belgooree.

page 167

[...] Il avait le sourire de Kamal. Mais avant même sa visite surprise, je m'étais remise à penser à Belgooree et à en éprouver le manque.
- L'Inde a le pouvoir d'envoûter. Tous les endroits paraissent ternes en comparaison.
- Vous aussi, vous le ressentez ?
Il hocha la tête.
- Quand on l'a connue, on a du mal à s'installer ailleurs. Mais je croyais que vous étiez heureuse au salon de thé ? Will m'a raconté à quel point il comptait pour vous.
- J'y suis heureuse. Les dernières années ont été une lutte de chaque instant, mais les choses s'améliorent. Et je ferais tout pour que ça dure.
Il lui sourit.
- Voilà qui ressemble davantage à l'esprit combattif des Belhaven.

page 522

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