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atasi.india.mania.com

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" Une fois que vous aurez senti la poussière de l'Inde, vous ne vous en libèrerez jamais " Rumer Godden

Les Anges de Jaipur de Eric le Nabour

Les Anges de Jaipur

De Eric le Nabour

Editions "Presse de la Cité"

- Collection "Pocket" (2013) - ISBN : 978-2266236508 - 349 pages - 7,30 € neuf

- Broché (2011) - ISBN : 978-2258083462 - 316 pages - 20,50 € neuf

 

"Les Anges de Jaipur" est une histoire mixant savamment la complexité de la pensée indienne à un vaste réseau de trafic d'oeuvres d'art, de détournement de fond et de décès suspiceux à la veille de la Seconde Guerre où des dictateurs rêvent de suprématie de la race aryenne.

 

1925. Matthias et Amy, jeunes mariés, ont rejoint l'Inde et plus précisement Bombay. Amy avait déjà vécu en Inde avec son beau-père Charles Colton, un archéologue très connu à travers le monde et qui s'est réinstallé à Calcutta. Charles Colton après avoir mené des expéditions avec le père d'Amy et le décès de celui-ci, s'est marié à sa mère et a tout bonnement adopté Amy après que cette dernière soit décédée. Amy aime énormément l'Inde et voulait que son mari s'imprégne de cette atmosphère qu'elle aime tant retrouver lors de ses séjours dans ce pays.

Matthias, ses premières impressions sur l'Inde sont plutôt négatives, il cherche en vain à savoir qu'est ce que pays attire tant à sa femme et essaye de trouver les différences avec le Caire où ils ont vécu précédement. Mais Matthias, à la base est un homme solitaire et sans repères. En effet, il a perdu son père il y a longtemps et sa mère avant son mariage avec Amy. La mort de sa mère à Berlin (il est d'origine allemande) a été un choc car elle est décédée dans des conditions horribles et mystérieuses et de plus tout l'héritage avait disparu.

Amy et Matthias vont vite découvrir que leur voyage en Inde ne sera pas de tout repos. De plus, ils apprendront à leur dépens à découvrir le visage d'un certain Charles Colton qui n'a rien à voir avec ce qu'ils pensaient être surtout Amy qui avait grandit auprès de lui. En effet, avant d'être archéologue c'est un voleur de tombes, c'est le plus allemand de tous les anglais et de plus pour un homme ouvert il est un des plus fanatiques.

Les idéologies de la future Allemagne nazie feront dans cette contrée lointaine ses premiers remous : mensonges, meurtres, expéditions, ... Tout cela pour retrouver notamment un bijou précieux orné d'un sceau en forme de swatiska (symbole que les nazis déformeront) dans un monastère au fin fond du Népal.

Amy rejoindra Calcutta sans en informer Matthias mais par cet acte égoïse elle ira droit dans la gueule du tigre et sera séparée longtemps de son mari. Mais Matthias éprit d'amour pour elle, fera des efforts surhumains et luttera contre de nombreux obstacles pour enfin la retrouver.

De nombreux mystères seront levés, des détails qui pouvaient paraître anodins dans un paragraphe auront de l'importance dans la suite du roman, la personnalité de Charles Colton sera révélée au fur et à mesure de la lecture mais jusqu'à la fin du roman il ne cessera pas d'étonner le lecteur, ... et ce dernier trouvera sans doute pourquoi ce nom à se roman car l'essentiel du roman ne se déroule pas à Jaipur.

 

Une très belle enquête policière sur un sujet quelque peu sensible, un très beau roman très bien ficelé qui laissera son lecteur en haleine jusqu'au bout.

J'étais surtout attirée par ce roman car il parlait du symbole du swastika, un symbole trop souvent associé pour les Européens au symbole nazi alors que dans les religions hindouistes et bouddhistes, il n'a rien en commun, au lieu d'être un symbole de mort c'est un symbole de vie (j'y ferais un article prochainement en espérant qu'il permettra à un maximum de personnes de découvrir son vrai sens).

De plus, j'ai été agréablement suprise de retrouver cette recherche sur le faite que des personnes sont très attachées à l'Inde, c'est sur cette étude que j'ai prélevé quelques citations que vous trouverez en fin d'article.

Matthias ne comprenait pas au début du roman pourquoi Amy avait une telle fascination, il ne cessait de voir les choses négatives et de comparer l'Inde avec son précédent séjour en Egypte. Mais en recherchant sa femme de Bombay (aujourd'hui Mumbay) à Calcutta (aujourd'hui Kolkata), de Calcutta à Bénarés (aujourd'hui Vanarasi), de Bénarès à Katmandou, puis des sommets de l'Himalaya au Rajasthan, il s'est ouvert le plus naturellement du monde à l'Inde et s'est attaché à elle en toute simplicité : ses spritualités, ses philosophies, ses croyances ...

Et quelque part même si mon amour est arrivé tout de suite, j'ai l'impression de m'y retrouver à travers les sentiments qu'expriment certains des nombreux personnages du roman (bien sûr).

 

Les Anges de Jaipur de Eric le NabourLes Anges de Jaipur de Eric le Nabour
Les Anges de Jaipur de Eric le NabourLes Anges de Jaipur de Eric le NabourLes Anges de Jaipur de Eric le Nabour

La question, depuis, ne cessait de dérouter son cerveau. Pourquoi ? Pourquoi Amy s'était-elle prise de passion pour ces dieux et déesses entrelacés, ces épopées guerrières où s'entrecroisaient dévas et asuras, cette mythologie délirante et barbare où se mêlaient animaux sacrés, incarnations divines, sorciers, génies, esprits terribles et âmes errantes ?

Page 25

L'Inde est souvent déroutante pour un étranger. J'ai connu des Européens qui n'auraient pas hésité, en arrivant à Bombay, à nous traiter comme les derniers des sauvages. Ils ne voyaient que par l'Angleterre ou l'Europe. Et puis l'Inde les a pris et ils ne sont jamais répartis !

Page 38

Un sacrifice, plutôt. Mais qui ne sacrifie rien n'obtient jamais rien.
Une image lui vint à l'esprit : celle d'un domino poussant un autre domino. Un acte apparemment insignifiant pouvait en entraîner un autre de portée plus considérable. De petites choses afin que les grandes se manifestent.
Une flûte de roseau, disait un proverbe, pouvait à elle seule faire chanter toute une forêt.

Page 132

L'Inde ! Multiforme, insaisissable, incompréhensible à qui n'était né sur son sol et dans l'une de ses castes. L'Inde qu'elle voulait à tout prêt faire aimer à Matthias. Lequel, cheval rétif, renâclait devant l'effort, s'arrêtait aux apparences, refusait d'aborder un continent dans la singularité l'effrayait.

Page 151


Condamné depuis son arrivée à une méfiance paranoïaque, il avait presque fini par l'oublier. L'Inde n'était pas seulement une masse hagarde, misérable, dominée par l'Empire Britannique, des temples délabrés, un mélange de ferveur et d'hystérie religieuse, des coutumes douteuses enracinées dans l'âme de ses habitants et entretenues par des prêtres plus préoccupés de rites que de connaissance réelle.

Autour de lui gravitaient un certain nombre d'intellectuels ou de "mages" fascinés par l'Inde et ses mythes, par sa culture religieuse et ses symboles. Volck se demandait ce qu'il fallait penser. Il faisait notamment allusion au symbole du swastika que l'on retrouvait sur la plupart des continents et que les nazis brandissaient à présent comme l'oriflamme d'une nouvelle chevalerie.

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