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atasi.india.mania.com

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" Une fois que vous aurez senti la poussière de l'Inde, vous ne vous en libèrerez jamais " Rumer Godden

Le livre de Rachel de Esther David

Le livre de Rachel

De Esther David

Titre original : The book of Rachel

Roman traduit de l'anglais (Inde) par Sonja Terangle

Editions Heloïse d'Ormesson

300 pages - Uniquement en occasion

 

Rachel est une veuve qui vit près de Bombay, à Danda. Elle est la dernière représente juive "Bné d'Israël" de son village et s'occupe de la synagogue abandonnée qui jouxte sa propriété au bord de la mer d'Arabie. Elle a trois enfants, Jacob, Aviv et Zephra qui ont emménagé tous les trois en Israël comme de nombreux autres indiens juifs, seule Zephra n'est pas mariée.

La vie de Rachel est ponctuée par l'entretien de la synagogue qu'elle affectionne particulièrement et ses tâches a effectué à la maison comme nourrir Brownie le chien, le chat, ses chèvres et ses volailles. Même si Rachel a des amies dans le village ou aux alentours, elle éprouve une certaine nostalgie de sa vie passé : auprès d'Aaron son mari, ses enfants, les fêtes juives qui rassemblaient et faisaient vivre la synagogue ... Elle se souvient des nombreux plats qu'elle préparait pour tout ce beau monde et qu'elle ne fait dorénavant que lors de rares fois, à certaines visites ou lors de certaines fêtes juives. Aujourd'hui, elle ne prépare que les recettes les plus simples et en fonction de ses sorties, si elle va chez le boucher casher ou le boulanger par exemple. Quelquefois, le fils du poissonnier lui ramène du pomfret ou du bombil.

Mais la routine à Rachel prit fin lorsqu'un jour, Mordekaï du village voisin de Alibaug, faisant partie du conseil d'administration de la synagogue et ami d'enfance de son défunt mari débarqua. Il lui annonça qu'un certain Mr Chinoy, pépiniériste et riche homme d'affaires, voulait acheter le terrain de la synagogue pour en faire une serre et serait également intéressé par le terrain de Rachel pour y construire une station balnéaire le long de la plage. Bien évidement, cette visite irrita considérablement Rachel. Elle tient à la synagogue - un lieu sacré chargé d'histoire - et à sa maison qu'elle ne quitterait jamais car elle a décidé de ne pas jamais aller habiter en Israël.

Lors de la fête de Pessah, elle décida de rester chez elle et n'accepta aucune invitation de ses amies. Elle reçut un coup de fil de sa famille en Israël rassemblés pour l'occasion. Elle se souviens alors que son fils Jacob avait un ami qui avait fait des études de droit et qui venait à Danda pour les vacances d'été et profita pour demander à son fils les coordonnées de ce jeune homme. Après avoir eut les informations, elle téléphona à ce Jacob devenu avocat qui habitait Bombay et lui demanda ses services. S'attachant très vite à "sa tante" Rachel, Jacob viendra de nombreuses fois et régulièrement, au point de devenir quasiment inséparables. Rachel prendra à nouveau goût à la vie grâce aux plats concoctés pour Jacob. La cause, celle de sauver la synagogue fera bouger beaucoup de monde même au-delà des mers et fera revivre Rachel malgré les hauts et les bas qu'elle devra subir, mais sa force de caractère l'aidera à tenir tête.

 

 

Ce roman exhale les parfums et les saveurs culinaires de la cuisine juive indienne, dans une ambiance chaleureuse et confortable comme la maison de Rachel au bord de la mer où l'on aurait envie de s'y inviter. Il s'agit donc du portrait d'une femme qui préserve, au fil des repas, mémoire, culture et coutumes juives.

Chaque chapitre s'ouvre sur une recette traditionnelle, même pas trop compliqué à préparer, que l'on aurait envie d'y goûter. L'histoire se déroulant dans le chapitre possède un lien avec le plat présenté en ouverture.

Rachel est un personnage très attachant, d'une grande sensibilité, d'un grand respect pour sa foi (sa dévotion pour l'entretien de la synagogue et sa croyance à l'esprit d'Eli) et les traditions même si elle avait l'esprit ouvert sur de nombreux points. On découvrira qu'elle possède au fond d'elle une grande force de caractère que l'on découvrira dans l'histoire de son mariage avec Aaron mais également dans le combat qu'elle mènera pour sauver la synagogue. C'est aussi une femme maligne et elle nous fera souvent sourire notamment avec les vertus qu'elle donne à son plat de pouranpoli, un plat magique pour elle et qu'elle profitera à préparer pour réunir des coeurs ou amadouer un mari.

Une très très belle lecture que j'ai adoré, agréable, douce, légère, épicée, ... Je conseille cette lecture à tous, une très belle histoire, de très belles recettes (24 en tout), un agréable apprentissage de la religion juive en Inde et de ses traditions, ... Une auteure à découvrir.

Que dire que du bonheur, et une bonne leçon de moral qu'il faut toujours se battre pour les causes qui nous tiennent à coeur encore plus lorsqu'elles sont une mémoire du passé.

 

Esther David a reçu un prix en 2010, le Sahitya Akademi Award (le prix de l'Université des Lettres de l'Inde). En 2012, Le Livre de Rachel a été présenté au 12ème salon du livre Lirenval de la Haute-Vallée de Chevreuse Lirenval et a reçu le Prix Michel Tournier pour la meilleure traduction en français.

 

 

Le livre de Rachel de Esther David
Le livre de Rachel de Esther DavidLe livre de Rachel de Esther David

Lorsque Judah revient à Danda, il entra dans la maison de Rachel d'un pas énergique. A présent, Brownie, la chèvre et le chat le reconnaissaient. Les deux dernières l'accueillirent d'un petit mouvement de l'oreille, tandis que Brownie courut vers lui en aboyant et en remuant la queue.
Judah ramena le chien à l'intérieur. Rachel souriait : "Je t'ai vu arriver, comment savais-tu que je préparais des besan laddou ?
- Mais tante Rachel, ces arômes me suivent partout. Il me suffit de fermer les yeux et de penser à vous et hop, je sais ce que vous cuisinez. Donc, aujourd'hui, je savais que vous alliez préparer des besan laddou !

page 117

Les juifs Bné d'Israël aiment beaucoup le bombil. C'est un poisson de forme oblongue, à la chair tendre. Sa tête est rouge et c'est une couleur qui vous indique s'il est frais. On le fait sécher au soleil et on le sale pour le conserver. On le sert souvent avec un khichdi, le samedi soir, à la fin du shabbat.

page 90

Depuis son enfance, dès que Zephra entendait un tintement de clés, elle pensait à sa mère. Dans la lumière du petit matin, le métal renvoyait un éclat sinistre. Elle prit les clés et les serra dans sa main. Pour elles, ces bouts de ferrailles de tailles et de formes disparates était comme le prolongement du corps de sa mère.
Soudain, elle fut prise de panique : et si ces clés étaient une sorte de talisman dont dépendait la bonne santé de Rachel ? [...] C'étaient les clés de la guérison.

page 223

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